NORME ISO 15189 PARTIE D

EXIGENCES SPECIFIQUES POUR L’ACCREDITATION DES LABORATOIRES DE BIOLOGIE MEDICALE – MANUEL D’ACCREDITATION DE BIOLOGIE MEDICALE

 

 

 

NORME ISO 15189 PARTIE D

5.5Procédures analytiques

NOTE Certains éléments mentionnés ci-après peuvent ne pas s’appliquer à l’ensemble des disciplines dans le cadre des pratiques de laboratoire.

5.5.1 Le laboratoire doit utiliser des procédures analytiques, incluant celles de sélection et d’aliquotage d’échantillons, qui correspondent aux besoins des utilisateurs des prestations de laboratoire et qui conviennent à chaque type d’analyse. Les procédures analytiques conseillées sont celles qui ont été publiées dans des manuels bien établis et faisant autorité, dans des textes ou des journaux revus par des experts ou des recommandations régionales, nationales ou internationales. Si des procédures internes sont utilisées, elles doivent être validées de manière appropriée pour l’utilisation prévue et parfaitement documentées.

5.5.2 Le laboratoire doit utiliser uniquement des procédures validées pour s’assurer qu’elles conviennent à l’utilisation prévue. Les validations doivent être aussi approfondies que nécessaire pour répondre aux besoins de l’application ou du domaine d’application concerné(e). Le laboratoire doit enregistrer les résultats obtenus et la procédure utilisée pour la validation. Les méthodes et les procédures sélectionnées doivent être évaluées et donner des résultats satisfaisants avant d’être utilisées pour les analyses médicales. Une revue des procédures par le directeur du laboratoire ou une personne désignée doit être réalisée à l’origine à intervalles définis. Ces revues sont généralement effectuées une fois par an. Ces revues doivent être documentées.

5.5.3 Toutes les procédures doivent être documentées et être disponibles au poste de travail du personnel concerné. Les procédures documentées et les instructions nécessaires doivent être disponibles dans une langue couramment comprise par le personnel du laboratoire. L’utilisation de fiches ou de systèmes similaires qui résument les informations clés est acceptable comme référence rapide à la paillasse, à condition qu’un manuel complet soit disponible pour référence. La fiche ou le système similaire doit correspondre au manuel complet. Toute procédure abrégée de ce type doit faire partie intégrante du système de maîtrise des documents.

Les procédures doivent être basées sur les instructions d’utilisation (par exemple les notices contenues dans les trousses) fournies par les fabricants, à condition qu’elles soient conformes à 5.5.1 et à 5.5.2, qu’elles décrivent les procédures mises en oeuvre dans le laboratoire et qu’elles soient rédigées dans la langue couramment comprise par le personnel du laboratoire. Tout écart doit être examiné et documenté. Toute information complémentaire susceptible d’être requise pour procéder à l’analyse doit également être documentée. Les performances et l’aptitude à l’emploi prévu de chaque nouvelle version des trousses de réactifs prêts à l’emploi présentant des modifications importantes en termes de réactifs ou de procédure doivent être vérifiées. Tout changement de la procédure doit être daté et faire l’objet d’une autorisation comme pour les autres procédures. Outre des identificateurs pour la maîtrise des documents, il convient que la documentation comprenne, s’il y a lieu, les éléments suivants:

        a) l’objet de l’analyse;

        b) le principe de la méthode utilisée pour les analyses;

        c) les spécifications des performances (par exemple la linéarité, la fidélité, l’exactitude exprimée en tant qu’incertitude de mesure, la limite de détection, l’étendue de mesure, la justesse de la mesure, la sensibilité analytique et la spécificité analytique);

        d) le type d’échantillon primaire (par exemple plasma, sérum, urine);

        e) le type de récipient et les additifs;

        f) le matériel et les réactifs nécessaires;

        g) les modes d’étalonnage (traçabilité métrologique);

        h) les étapes des procédures;

        i) les procédures de contrôle qualité;

        j) les interférences (par exemple hyperlipémie, hémolyse, bilirubine) et les réactions croisées;

        k) le principe de la méthode de calcul des résultats, incluant l’incertitude de mesure;

        l) les intervalles de référence biologiques;

        m) l’étendue des valeurs susceptibles d’être observées pour les résultats des analyses;

        n) les valeurs d’alerte ou critiques, si nécessaire;

        o) l’interprétation du laboratoire;

        p) les précautions de sécurité;

        q) les sources potentielles de variation des résultats.

Les manuels électroniques peuvent être utilisés à condition de comporter les informations spécifiées ci-dessus. Il est recommandé que les mêmes exigences concernant la maîtrise des documents s’appliquent également aux manuels électroniques. Il est de la responsabilité du directeur du laboratoire de s’assurer que le manuel des procédures analytiques est complet, à jour et a fait l’objet d’une revue rigoureuse.

5.5.4 Les spécifications de mise en oeuvre de chaque procédure utilisée lors d’une analyse doivent correspondre à l’utilisation prévue de la procédure.

5.5.5 Les intervalles de référence biologiques doivent être revus périodiquement. Si le laboratoire a des raisons de croire qu’un intervalle particulier ne convient plus à la population de référence, il faut alors procéder à une investigation, suivie si nécessaire, d’une action corrective. Une telle revue doit également être réalisée, le cas échéant, lorsque le laboratoire modifie une procédure analytique ou préanalytique.

5.5.6 Le laboratoire doit dresser une liste de ses procédures analytiques courantes, incluant les exigences relatives aux échantillons primaires, les spécifications et les exigences d’exécution pertinentes mises à la disposition des utilisateurs des services du laboratoire à leur demande.

5.5.7 Si le laboratoire envisage de modifier une procédure analytique de sorte que les résultats ou leur interprétation risquent de différer significativement, les implications doivent être expliquées aux utilisateurs par écrit avant d’appliquer le changement.

NOTE Cette exigence peut être satisfaite de plusieurs manières, en fonction des circonstances locales. Le courrier, les bulletins d’information des laboratoires ou une partie du compte rendu des résultats représentent quelques-uns des moyens utilisés.

5.6 Assurer la qualité des procédures analytiques

5.6.1 Le laboratoire doit concevoir des systèmes de contrôle interne de qualité permettant de vérifier que la qualité prévue des résultats est bien obtenue. Il est important que ce système de maîtrise permette aux membres du personnel d’obtenir des informations claires et faciles à comprendre sur lesquelles baser leurs décisions techniques et médicales. Il convient de veiller particulièrement à éliminer les erreurs susceptibles de se produire dans le processus de traitement des échantillons, des prescriptions, des analyses, des comptes rendus, etc.

5.6.2 Le laboratoire doit déterminer l’incertitude des résultats, dans les cas où cela est pertinent et possible. Toutes les composantes importantes de l’incertitude doivent être prises en compte. Les sources contribuant à l’incertitude peuvent inclure l’échantillonnage, la préparation des échantillons, la sélection des aliquote

d’échantillon, les calibrateurs, les matériaux de référence, les grandeurs d’entrée, l’équipement utilisé, les conditions environnementales, l’état de l’échantillon et les changements de manipulateur.

5.6.3 Un programme d’étalonnage des systèmes de mesure et de vérification de la justesse doit être conçu et appliqué afin de garantir que les mesures sont traçables par rapport aux unités SI ou par référence à une constante naturelle ou à toute autre référence indiquée. Si cette traçabilité n’est ni possible ni pertinente, d’autres moyens de prouver la fiabilité des résultats doivent être appliqués, tels que les suivants:

        a) la participation à un programme adapté de comparaison interlaboratoires;

        b) l’utilisation de matériaux de référence adaptés, certifiés afin d’indiquer la caractérisation du matériau;

        c) l’examen ou l’étalonnage réalisés selon une autre procédure;

        d) les mesures des rapports ou les mesures de type réciprocité;

        e) l’emploi de normes ou de méthodes clairement établies, spécifiées, caractérisées et ayant fait l’objet d’un accord entre les parties concernées;

        f) la référence documentée à des certificats concernant les réactifs, la méthode ou le système d’analyse lorsque la traçabilité est garantie par le fournisseur ou le fabricant.

5.6.4 Le laboratoire doit participer à des comparaisons interlaboratoires, telles que celles organisées dans le cadre d e programmes d’évaluation externe de la qualité. La direction du laboratoire doit surveiller les résultats de l’évaluation externe de la qualité et participer à la mise en oeuvre des actions correctives lorsque les critères de maîtrise ne sont pas respectés. Les programmes de comparaison interlaboratoires doivent être en conformité substantielle avec les dispositions de l ISO/CEI Guide 43-1. Il convient que les programmes d’évaluation externe de la qualité fournissent, dans la mesure du possible, des échantillons qui imitent les échantillons biologiques de patient et aient pour effet de contrôler l’ensemble du processus d’analyse, y compris les procédures préanalytiques et postanalytiques.5.6.5 Si aucun programme de comparaison interlaboratoires formel n’est disponible, le laboratoire doit élaborer un mécanisme permettant de déterminer l’acceptabilité des procédures non évaluées par ailleurs. Dans la mesure du possible, ce mécanisme doit utiliser des matériaux provenant de sources externes telles que des échanges d’échantillons avec d’autres laboratoires. La direction du laboratoire doit surveiller les résultats de ce mécanisme de comparaison interlaboratoires et participer à la mise en oeuvre et à l’enregistrement des actions correctives.

5.6.6 Pour les analyses effectuées selon différentes méthodes ou en utilisant différents équipements ou sur des sites différents ou encore en faisant intervenir tous ces éléments, il doit exister un mécanisme défini permettant de vérifier la comparabilité des résultats pour toute l’étendue des valeurs observées en clinique.

Cette vérification doit être effectuée à des périodes définies, adaptées aux caractéristiques des procédures ou des instruments.

5.6.7 Le laboratoire doit documenter, enregistrer et, le cas échéant, agir rapidement sur les résultats à partir de ces comparaisons. Le laboratoire doit pallier les problèmes ou les défauts identifiés et conserver les enregistrements des actions menées.

 

EXIGENCES SPECIFIQUES POUR L’ACCREDITATION DES LABORATOIRES DE

BIOLOGIE MEDICALE – MANUEL D’ACCREDITATION DE BIOLOGIE MEDICALE

 

5.5- Procédures analytiques Ce chapitre de la norme traite de la manière dont le LBM doit organiser et réaliser la phase analytique, comprenant notamment contenu et validation des procédures analytiques.

5.5.2 – Dans le cas d'utilisation de méthodes consensuellement reconnues (ex. méthode fournisseur, méthode faisant l'objet de publications internationales validées…), la validation des méthodes utilisées par le LBM correspond à une "vérification sur site". Préalablement à la mise en service d'une méthode dans le LBM, des vérifications appropriées sont réalisées afin de s'assurer que les performances attendues sont satisfaites.

5.5.3.p) – Les aspects sécurité sont traités au paragraphe 4.2.4. k) de ce document.

5.5.4. – Il convient de remplacer "Les spécifications de mise en oeuvre […]", par "Les spécifications de performance […]".

5.5.7. – La modification des procédures analytiques peut être envisagée; néanmoins, les modifications doivent être validées (cf. § 5.5.3 de la norme NF EN ISO 15189).

5.5 – Le LBM peut se reporter au document LAB Inf 50 établissant les types de portée d'accréditation pour les examens de biologie médicale. L'accréditation selon une portée flexible lui permet de changer d'équipement (d'appareil) ou de trousse (kits) réactif fournisseur, dans la mesure où le principe de la méthode est semblable.

5.5.2 – Les méthodes fournisseurs sont des DM-DIV marqués "CE". Un laboratoire utilisant un équipement analytique depuis de nombreux mois, voire de nombreuses années, peut établir un dossier de validation de méthode à partir des données disponibles accumulées.

Les LBM ainsi que les évaluateurs peuvent se reporter au Guide Technique d'Accréditation (LAB GTA 04) "Guide de validation des méthodes en biologie médicale". Après la présentation du concept général de validation de méthode, ce guide présente les critères de performance à vérifier par rapport aux spécifications définies, en fonction du type de méthode (quantitative, qualitative, …) et des exemples pratiques de mise en oeuvre (nombre de reproductibilité, linéarité, sensibilité, …). D'autres guides reconnus peuvent être employés (publications, normes, guides internationaux, …).

5.5.3. – Les procédures sont des documents internes du LBM, faisant partie de son SMQ et/ou des manuels et notices fournisseurs.

5.5.6 – La liste des procédures analytiques peut être le catalogue des analyses réalisées par le LBM, qui est une des annexes du manuel de prélèvement (cf. 5.4.3.a)1)).

5.6- Assurer la qualité des procédures analytiques

Ce chapitre de la norme explicite la manière dont il y a lieu de s'assurer de la fiabilité des résultats d'examens. Pour cela, elle prévoit des exigences en matière de :

5.6.1 – Il s'agit de l'utilisation et interprétation des CIQ. Les LBM ainsi que les évaluateurs peuvent se reporter au Guide Technique d'Accréditation (LAB GTA 06) "Les contrôles de la qualité analytique en biologie médicale".

5.6.2. Incertitude de mesure

Le terme "pertinent" fait référence aux cas d'existence de seuils de décision clinique et aux cas de comparaison de résultats (ex. antériorité), ou encore lorsque leur connaissance apporte un élément important à l'interprétation du résultat. Le terme "possible" fait référence aux analyses quantitatives et semi-quantitatives.

La norme NF EN ISO 15189 demande l'évaluation par les LBM, de l'incertitude sur les résultats d'analyses et de mesures (cf. § 5.6.2 et également § 5.5.3.k) de la norme NF EN ISO 15189).

Le document EA-4/16 sur l'évaluation des incertitudes d'analyses à résultat quantitatif explicite les différentes démarches pour obtenir l'incertitude de mesure, telles que l'évaluation par analyse des composantes d'incertitude, l'application de la "loi de composition des variances", ou l'utilisation de la fidélité et de la justesse de la méthode d'analyse, la détermination du biais à l'aide de matériau de référence, ou l'utilisation de données de comparaisons interlaboratoires (CEQ, EEQ, essais d'aptitude).

1. Cas général

Quelle que soit la nature qualitative ou quantitative du résultat, la démarche suivante est employée :

- Identifier des facteurs susceptibles d'influencer le résultat de mesure (analyse de risque) ;

- Si certains facteurs ont une influence jugée non significative, préciser les éléments qui permettent d'apporter la preuve que l'on peut négliger leur prise en compte ;

- Montrer comment les facteurs ayant une influence significative sont maîtrisés.

Cette approche est à conduire a minima pour l'évaluation des incertitudes sur des résultats qualitatifs.

2. Cas des examens à résultats quantitatifs Le LBM procède à l'évaluation de l'incertitude de mesure des résultats de la façon suivante :

- l'écart-type de fidélité constitue une estimation suffisante de l'incertitude-type du résultat de mesure, si tous les facteurs listés en 1 ont bien été pris en compte dans l'étude de fidélité. De plus, lorsqu'on peut disposer d'informations supplémentaires, notamment liées à la justesse et son incertitude associée, avec emploi de matériaux de référence ou "calibrants", ou encore de comparaisons inter-laboratoires, cette composante d'incertitude est prise en compte ;

- Si des facteurs identifiés en 1) ayant une influence significative sur le résultat ne sont pas pris en compte dans l'estimation de la fidélité, cette influence est si possible évaluée (ex : prétraitement, centrifugation, …) ;

3. Communication de l'incertitude sur les résultats

Le LBM communique sur demande les valeurs des incertitudes sur les résultats d'analyses.

4. Utilisation de l'incertitude pour l'interprétation des résultats analytiques

Les données fondamentales sur lesquelles s'appuie l'interprétation des résultats avec son incertitude sont :

Le compte rendu mentionne au besoin la règle de décision employée et les difficultés éventuelles rencontrées à l'occasion de sa mise en oeuvre.

Pour plus d'indications, consulter l'annexe H1.

5.6.2. – Les LBM ainsi que les évaluateurs peuvent se reporter au document LAB GTA 14, "Guide d'évaluation des incertitudes de mesures des analyses de biologie médicale". Après la présentation du concept général d'incertitude de mesures et de son évaluation, ce guide présente une approche d'évaluation qui combine les données dont le laboratoire dispose, de fidélité (ex. CV du CIQ) déterminée notamment dans son dossier de validation de méthode, et de justesse, à l'aide des comparaisons interlaboratoires. D'autres modes d'évaluation des incertitudes reconnus peuvent être employés (publications, fascicule FD X07-021, guides internationaux,…).